Tarte tatin coing gingembre et petites tribulations campagnardes


En décembre, cela fera 10 ans que nous avons quitté la région parisienne pour nous  “installer au vert” comme on dit. Nous vivons dans un petit village, loin du plus rudimentaire commerce…Concrètement, au revoir le pain frais du matin, la moindre boulangerie étant à plus de 5 minutes en voiture et par 5 minutes vous êtes priés de ne formuler aucune exigence quant à la qualité du pain sinon merci de multiplier ce temps de trajet par deux si vous voulez prétendre à un pain qui ne mollira pas à la moindre augmentation du taux d'hygrométrie ou qui ne sera pas dur comme la pierre le lendemain. Habiter à la campagne, c'est aussi accepter l’idée de vivre en plein désert médical. Je ne saurais d'ailleurs que trop suggérer à celles et ceux caressant l'idée d'une installation au vert de suivre quelques conseils salvateurs avant de franchir le pas  :
Par exemple bien choisir la période de l'année à laquelle vous emménagez peut s'avérer hautement salutaire ou du moins vous accorder un précieux répit. Bannir la période hivernale où virus et microbes prolifèrent à foison, la base !  oubliez également l'idée de débarquer avec votre progéniture en bas âge sous peine de pics de stress intense ou de se résigner à un abonnement aux urgences en cas de santé fragile. Car obtenir un rendez-vous avec le moindre généraliste, c'est un peu comme gagner la plus grosse peluche à la fête foraine : elle se pavane là, sous vos yeux, et pourtant impossible à décrocher !

A toi derrière l'écran qui aura eu le courage de persévérer jusque là dans ta lecture, tout d'abord merci et je t'assure que la fin de l'histoire vaut le coup, allez courage ! (au pire tu pourras toujours te consoler avec une part de tarte tatin). Sinon je m'en voudrais que tu restes sur cette piètre image de ce que peut être la vie à la campagne, car au-delà  de cette succession de renoncements, il existe de petits bonheurs inestimables comme l'esprit de solidarité qui peut exister entre voisins. C'est d'ailleurs comme cela que j'ai goûté mes premiers coings. 


Je m’en rappelle encore, c'était l'un de nos premiers automnes et Marie-Claude qui n'était  jusque-là qu' une connaissance faisait la tournée des voisins dans son estafette vert bouteille, proposant à qui voulait une partie de sa cargaison de coings.


Je vous laisse imaginer la scène d’une petite mamie refilant sous le manteau  sa production de fruits dorés et dodus...un vrai trafic de coings de contrebande ! Et à chaque saison des coings, ce souvenir indélébile refait surface conférant à ce fruit cette saveur si particulière. Voilà aussi à quoi ressemble ma campagne, et c'est pour ça que je l'aime !









Tarte Tatin coings gingembre

Ingrédients pour un moule de 28cm de diamètre

Pâte brisée
250g farine
125g de beurre froid coupés en dés
1 jaune d’œuf
3cs de lait
1cs de sucre
1cc de sel

Pour le caramel
150g de sucre en poudre
100g de beurre

Garniture
5 à 6 beaux coings
Un morceau de 5cm de gingembre épluché


Épluchez les coings, coupez-les en deux et ôtez le coeur et les pépins. Puis coupez chaque moitié de coings en 2 ou en 3 morceaux selon la grosseur des fruits. Disposez les morceaux de coings ainsi que le bout de gingembre frais épluché dans un faitout et couvrez-les d'eau à hauteur. Laissez mijoter une bonne heure. Les coings sont prêts lorsque vous pouvez enfoncer la pointe d'un couteau dans la chair.
Pendant ce temps, dans le bol du robot, sablez à la feuille la farine, le sel, le sucre et les dés de beurre. Ajoutez le jaune d’œuf puis le lait. Lorsque la préparation se lie, arrêtez. Ne pétrissez pas trop. Formez une boule, enveloppez-la dans du film alimentaire et réservez au frais 30mn.
Préchauffez le four à 180°c.

Faites chauffer à feu moyen le plat destiné à recevoir la tarte tatin. Parsemez le fond de sucre. Surtout ne mélangez pas au risque de voir des paquets de sucre se former qui ne pourront plus fondre. Lorsque le caramel prend une belle couleur ambrée, ajoutez le beurre et mélangez.
Disposez les tranches de coings en les serrant bien.
Laissez cuire les coings dans ce caramel à feu moyen durant 5 à 10mn, remuez régulièrement et délicatement pour bien les enrober de caramel.
Abaissez la pâte pour obtenir un disque d’un diamètre supérieur à celui du moule, piquer la pâte avec une fourchette et recouvrez-en les coings. Glissez les bords de la pâte à l’intérieur du moule.
Enfournez durant environ 15 à 20mn.
A la sortie du four, retournez la tarte sur un plat.
Dégustez tiède, et tandis que certains ont pour coutume de l’accompagner de glace à la vanille et que les puristes ne l’envisagent que nature, chez nous c’est crème fraîche sinon rien !


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