automne

mercredi 16 avril 2014

DIY ou comment décorer naturellement ses œufs de Pâques !

L’œuf, indissociable des fêtes de Pâques !

Pourtant la coutume d’offrir et de décorer des œufs remonterait encore plus loin que la tradition chrétienne. C’est auprès des Perses que l’on trouve la première apparition de l’œuf décoré, reprise par leurs voisins, les chrétiens coptes. Seulement, le Carême instauré par l'Église  au IVème va interdire la consommation de toute nourriture riche, dont les œufs font partie. Alors pour ne pas laisser perdre ces précieux aliments qui s’accumulaient au fur et à mesure des pontes quotidiennes, l’idée de les cuire afin de les conserver et les consommer après le Carême ne tarda pas à germer dans l’esprit du peuple. 
Et comme nous sommes en période de fêtes, les décorer s’impose comme une évidence.
Pour les teinter, les enfants utilisaient les moyens du bord…des chemins ou des champs !
Chaque couleur utilisée et chaque motif incrusté avait une signification symbolique. Ainsi les épis ou graminées préfiguraient l’abondance des récoltes, alors que les plantes et les fleurs étaient signe de jeunesse, d’amour et de santé.
Je me suis laissée séduire par l’idée de me frotter à cette tradition ancestrale, et donner  des allures ludiques à nos mercredis après-midi et un air champêtre à notre déjeuner pascal ont fini de me convaincre.
Succès garanti auprès des enfants qui vont adorer jouer aux apprentis sorciers !
Pour cela rien de plus simple. Utiliser des colorants naturels et jouer avec les végétaux pour obtenir une palette de couleurs des plus variée.



Véritables œufs de Pâques, 
couleur 100% naturelle !

Matériel
Des œufs
Des morceaux de bas
Ficelle ou élastique
Des végétaux ou aromates (pochoir)
Pour la teinture :
Eau
Du vinaigre blanc (fixateur)
et selon la couleur désirée :
Bleu : chou rouge
Rouge : Betterave
Vert : épinards
Brun : café
Mauve : Pelure d’oignon rouge
Jaune or : curcuma

Préparer les œufs
Cueillir des herbes, aromates aux contours bien découpés (trèfle, roquette, aneth, fougère, persil plat…) qui vont servir de pochoir. Éviter les petites fleurs qui vont mal adhérer à l’œuf .Humidifier vos œufs et coller le motif sélectionné (ici trèfle, aneth).
Introduire délicatement l’œuf avec le pochoir végétal dans un morceau de bas. Bien lier avec une ficelle ou une élastique pour ne pas que que le motif bouge.

La teinture
Découper en morceau l’ingrédient choisi. Disposer dans une casserole, couvrir d’eau et ajouter 2cs de vinaigre blanc pour fixer la couleur sur l’œuf.

A cette étape, 2 possibilités selon le résultat que vous souhaitez obtenir

Pour une couleur soutenue : Coloration à froid
Plonger l’œuf et le végétal servant de motif bien coincé dans un morceau de bas et faire cuire en même temps l’œuf et la teinture. La couleur va ainsi mieux pénétrer la coquille donnant un résultat plus soutenu et plus uniforme.
Compter une bonne heure de cuisson. Veiller à ne pas faire bouillir de peur de fissurer l’œuf.
Si vous souhaitez une couleur profonde, laisser tremper l’œuf toute la nuit dans la teinture.

Pour une coloration inégale : Coloration à chaud
Porter le mélange à ébullition durant 30mn à 1 heure, selon l’intensité de la couleur souhaitée.
Filtrer le mélange et plonger l’œuf dans le bain de teinture obtenu entre 5mn à 24heures, toujours en fonction de l’intensité souhaitée.
Mais sachez que cela n’est pas une science exacte, on ne connaît jamais à l’avance la teinte obtenue et elle changera autant de fois que vous répèterez l’opération, tant les variations et les combinaisons sont infinies !

A la fin de l’opération, enlever délicatement l’œuf du bas, décoller le feuillage pour découvrir le motif qui apparaîtra à la manière d’un pochoir.



Astuces & conseils

-Percer l’œuf, pour ou contre ?
Contre : En le perçant vous le fragilisez,
Pour : Vous pouvez le garder décorer indéfiniment.
Pour le percer : réaliser un trou à l’aide d’une aiguille à chaque extrémité de l’œuf. L’aiguille doit être suffisamment longue pour pouvoir atteindre le jaune afin de le percer... Souffler par un des trous pour vider l’œuf.

-Choisir des œufs bio ou de ferme pour une coquille plus solide.
-Attention, non vidés, les œufs ne sont plus consommables.
-Si vous souhaitez surveiller le déroulement des opérations, privilégiez des bas de couleurs claires !
Idée glanée dans le magazine « Esprit d’ici »



...Et pour tous les gourmands qui n'auraient d'yeux que pour le plat d'asperges, rendez-vous sur le blog des huiles végétales pour découvrir à quelle sauce elles vont être dégustées !

mardi 8 avril 2014

Soupe de fanes de radis ou le goût de la tradition !

C’est une cagette remplie de pousses vertes, confinée dans un coin du stand des Albezard qui m’intrigua ce vendredi matin, jour de marché à Vendôme.
La famille Alebezard, je vous en ai déjà parlé, rappelez-vous, les jardins du Perche, ce sont eux !
Notre rencontre date d’il y a trois ans, sur les terres dAlix de Saint Venant

A l’époque, j’ignorais encore que nos routes  seraient liées dans le même amour du bon légume… que chaque année mes plants de légumes sortiraient de leurs serres, que mes légumes au quotidien seraient le fruit de leur bon soin, et qu’ils signeraient encore ceux que je dégusterais chez un virtuose du légume, Guillaume Foucault, chef du restaurant Pertica à Vendôme qui s’impose à mon sens comme un fidèle héritier d’Alain Passard, même s’il n’est jamais passé par ses cuisines…

Mais revenons-en à notre famille Albezard .
Comme beaucoup de passionnés, il s’agit ici de la reconversion d’un autodidacte, Robert Albezard et d’une histoire de famille, puisque tout le monde est investi dans l’exploitation Monsieur, Madame et Nathalie, leur fille qui a repris le flambeau d’un papa censé être à le retraite...mais peut-on vraiment se retirer lorsque l’on vit de sa passion ? L’exploitation, même si personne ne le revendique, et cette discrétion me va plutôt bien, est en agriculture biologique, et ce depuis près de 20 ans.

Je demandais donc ce vendredi que contenait la cagette laissée dans un coin à l’abri des regards.
Ce que je pris de loin et de prime abord pour des épinards se révéla être des fanes de radis dont la plupart de leurs clients ne voulaient pas s’embarrasser. De toute évidence, même si déguster les fanes commence à faire son retour en grâce dans nos cuisines, les habitudes ont la dent dure ! Pourtant, cette pratique était bien connue des anciens, fanes qu’ils utilisaient en soupe principalement, tout comme le cresson dont sa saveur est proche.
Utiliser les fanes revêt l’avantage non négligeable, en plus d'obtenir un plat goûteux, d’être particulièrement économique.
Mais pour utiliser les fanes de radis en cuisine, la fraîcheur prime !
Choisir des bottes de radis dont les fanes sont vigoureuses et immaculées est vivement recommandé.
Ici, je n’ai pas dérogé aux habitudes des anciens et les ai utilisées dans une soupe dont le bouillon maison relevait délicatement la saveur des fanes et quelques fleurs de roquette parsemées ici et là venaient apporter une note poivrée.



Soupe de fanes de radis

Ingrédients pour4 personnes
Les fanes de 2 belles bottes de radis soit environ 100g
1 petit poireau
1 pomme de terre de taille moyenne de type Bintje ou Mona Lisa.
1L 200 bouillon de volaille maison
1 cs d’huile d’olive.
Sel, poivre


Nettoyer et tailler le poireau.
Éplucher et couper la pomme de terre.
Ôter la tige des fanes de radis pour ne conserver que la feuille. Les  nettoyer dans une eau vinaigrée, les essorer.
Dans un faitout, faire revenir ensemble les morceaux de pomme de terre, de poireau et les feuilles de radis 5mn sans les colorer. Rajouter le bouillon et porter à ébullition. Réduire le feu et laisser mijoter environ 20mn à couvert.
Mixer et rectifier l’assaisonnement.
Le bouillon maison donne une saveur incomparable à cette soupe.