Printemps

lundi 30 juillet 2012

Tarte rustique aux abricots rouge du Roussillon et son sorbet au basilic. De l’autre côté du cliché...


Lorsqu’un cliché est sélectionné dans le cadre d’un concours photographique, celui-ci doit répondre à certains critères préalablement  définis qui aideront le jury à faire leur choix dans leur sélection.

Certains très objectifs, comme :
le choix et le traitement du sujet, 
son impact et son originalité,   
la maîtrise de la technique, 
la qualité de la photo, 
le respect de la thématique 
et le stylisme qui tient, dans le domaine culinaire, une place prépondérante, (et dans le cas qui nous concerne, la valorisation des produits du terroir).

Et  puis il y en a d’autres…plus personnels :
L’esthétisme, l’ambiance qui se dégage, les émotions ressenties, ce que nous évoquent inconsciemment l’image…

Force est de croire que certaines de ces conditions furent remplies car, faisant partie des 10 clichés sélectionnées, il fut mon sésame pour assister au "Concours international de la photographie culinaire" organisée par la ville d’Oloron Sainte Marie en septembre dernier (le concours sera reconduit en 2013), que je vous avais relaté ici et dont je garde, un an après, un souvenir ému.

Se frotter au regard d’un jury a toujours quelque chose d’angoissant et d’enrichissant, un savant mélange de stress, et d’interrogations. 
Accepter qu’au moment où on livre notre photographie au regard des autres, quelque part elle ne nous appartient plus totalement, que chacun y mettra un peu de sa vie, de ses envies et de ses ressentis…
Mais ce genre de concours a toujours le mérite de nous permettre d’avancer, de franchir un palier que ce soit très concrètement dans la technique ou plus abstraitement sur notre rapport à la photographie. 

Mais quel que soit le regard qu’une personne portera sur votre cliché, jamais elle ne pourra lire tout ce que vous, vous y lirez, car il y a toujours le visible et l’imperceptible.

…tout ce que l’image ne raconte pas,

…tout ce qui se passe de l’autre côté du cliché…

Pour moi, cette photo a la saveur des jours d’été, des vacances estivales, des enfants qui passent en courant devant la fenêtre, riant de tout leur saoul, s’arrêtant parfois, par la curiosité alléchés,  intrigués par autant de va-et-vient, se demandant pourquoi diable une simple tarte justifie à elle seule un tel  branle-bas de combat ! De toute évidence incrédules devant ce qui se trame en cuisine devant leurs yeux ébahis, pas les miens rodés à l’exercice depuis les débuts de ce blog, mais bien ceux des petits voisins pour qui une tarte « ça se mange, ça ne se prend pas en photo ! »…
Ah le naturel désarmant des enfants … !

Cette photo a aussi pour moi le goût de l’effort, pour tenter sinon d’atteindre l’objectif fixée, tout du moins d’approcher cette image que nous nous sommes construite dans notre imaginaire et que l’on souhaiterait aussi fidèle.
Un cliché qui ne manque pas de piquant, pas moins de 5 tartes seront sorties des fourneaux ce jour-là pour mettre toutes les chances de son côté de s’approcher du résultat escompté, des allers retours incessants entre chaque prise pour préserver le sorbet au basilic de la chaleur accablante qui sévissait ce jour-là et lui accorder la fraîcheur qu’il nécessite.
Alors, avec un œil sur le sorbet afin d’éviter qu’il ne fonde comme neige au soleil, et l’autre sur les brins de basilic à surveiller comme l’huile sur le feu pour qu’ils conservent toute leur fraicheur, autant dire qu’une paire d’yeux doublée d’une paire de bras  ne sont parfois que peu de choses face aux aléas d'un shooting et nous mènent inéluctablement au désastre annoncé,  comme l’oubli d’un réflecteur que l’on ne réalise qu’une fois l’image visionnée, voire pire, être, l’œil rivé sur l’objectif, le témoin impuissant de la chute dudit réflecteur au beau milieu de votre mise en scène réglée au millimètre près !
Non, ne jamais se fier au calme ambiant d’une photo !

Enfin, cette photo a le savoureux goût du partage, de ces tartes dont certaines partiront le soir même entre les mains des dits petits voisins, intrigués mais heureux de pouvoir enfin trouver un début d’explication en goûtant à cette tarte -qui doit bien avoir quelque chose de spécial au vue des égards qu’on lui accorde - et d’autres, devant prendre la route le lendemain pour être dégusté entre amis.

Oui cette photo a aussi et surtout le parfum du bonheur, de tous ces moments qui lui sont à jamais liés, de ces images qui reviendront à chaque fois que mon regard se posera sur cette tarte rustique aux abricots…

Alors ce cliché, aussi sucré fut-il, évoque pour moi le sel de la vie !

Oui, toutes les photos ont une histoire…et pas toujours celle qu’elle laisse présager !
Alors à l’avenir, ne vous fiez pas aux images léchées et amusez-vous à imaginer ce qui se passe de l’autre côté du cliché





Tarte rustique « Rouge du Roussillon » et son sorbet basilic



Ingrédients
Des abricots, ici des « Rouge du Roussillon»  (en fonction de la taille de la tarte, comptez une quinzaine d’abricots pour 4 personnes, environ 25 pour 6 personnes)
Pour le sorbet au basilic sans sorbetière
500g d’eau
200g de sucre
75g de basilic grand vert non traité
Le jus d’1 citron bio
1 blanc d’œuf
1 pincée de sel
Pour le pesto sucré
25g feuilles de basilic grand vert non traité
20g de pignons torréfiés
30g huile
25g de sucre de canne blond bio 
Pâte à tarte
100g de farine
100g de ricotta
50g de beurre pommade
2g sel
10g de pignons de pin

Préparation
La veille, préparez le sorbet au basilic.
Dans une casserole, versez 50cl d’eau, ajouter le sucre et le jus de citron. Portez le tout à ébullition. Lorsque le liquide bout, maintenir l’ébullition pendant encore 5mn.
Pendant ce temps, nettoyez les feuilles de basilic à l’eau clair.
Au bout des 5mn, ajoutez les feuilles de basilic, couvrez et laissez infuser le temps que le liquide refroidisse complètement (comptez environ 2 heures).
Réservez 4 à 5 cs de ce sirop qui vous serviront à napper votre tarte.
Montez le blanc avec la pincée de sel en bec d’oiseau.
Filtrez le sirop au chinois, puis mélangez délicatement avec le blanc d’œuf.
Réservez au congélateur.

Le jour J
Préparez la pâte
Mélangez tous les ingrédients dans le bol de votre robot et actionnez jusqu’à l’obtention d’une boule.
Laissez reposer 30 minutes au frais.
Pendant ce temps, préparez le pesto de basilic sucré.
Nettoyez vos feuilles de basilic, les essuyez délicatement et les mélangez dans le mixer avec le sucre, les pignons préalablement torréfiés au four (15mn à 100°c). Mixez le tout jusqu’à l’obtention d’une pommade. Rajoutez l’huile petit à petit. Réserver au réfrigérateur.
Préchauffez le four à 180°c.
Nettoyez vos abricots à l’eau claire et essuyez-les. Coupez-les en deux afin de les dénoyauter.
Etalez votre pâte, la découpez à l’aide d’un cercle.
Recouvrir votre pâte du pesto de basilic sucré. Puis garnir des oreillons d’abricots. Enfin napper avec le sirop de basilic pour éviter qu’ils ne sèchent.
Enfournez pendant 20mn. A la sortie du four, nappez à nouveau du sirop de basilic pour apporter de la brillance.
Servir la tarte tiède accompagnée d’une quenelle de sorbet de basilic.

12 commentaires:

LadyMilonguera a dit…

Comme elle doit être savoureuse cette tarte !

LeeYaa a dit…

Mmhm cette tarte fruitée et gourmande est si alléchante !

Françoise a dit…

Oui ce qui se passe de l'autre côté du cliché... a toujours une histoire qu'on n'a pas toujours envie de raconter et je souris à la lecture de tes confidences concernant cette photo... Mais l'essentiel c'est que le résultat emporte celui qui regarde la photo dans un monde pas trop éloigné de celui où l'on a souhaité l'y conduire... Ce qui n'est pas évident car celui qui pose son regard apporte aussi une part de lui.
Dans cette tarte, je vois le sud, le partage, la générosité de l'accueil et du plat imaginé puis confectionné et la joie de vivre, bref un univers qui me plait et dans lequel je m'engouffre bien volontiers ! Bizou sucré, Françoise

Ameline a dit…

Miam, elles donnent terriblement envie ta tartelette !
Abricot et basilic, une association encore jamais testée par mes soins... j'y réfléchie :)

Ameline,
http://journalduneame.fr

Escargots du Loir a dit…

J'ai hâte d'être en septembre pour voir de moi-même l'arrière du décor ... Qui plus est, pour voir sublimés par ton objectif mes précieux petits !

Gourmandises Chroniques a dit…

C'est clair ! une tarte gourmande à souhait ;-)

Gourmandises Chroniques a dit…

On ne lèche pas l'écran Lee Yaa ! On fait la tarte ! ;-)

Gourmandises Chroniques a dit…

Tu as raison Françoise, arriver à faire ressentir une émotion à celui qui regarde est une belle victoire... plus encore s'il arrive à ressentir ce qu'on a voulu transmettre. Et ce que tu ressens me plaît bien :-)

Gourmandises Chroniques a dit…

L'association fonctionne à fond Ameline ! tu m'en diras des nouvelles si jamais tu la fais ;-)

Gourmandises Chroniques a dit…

Surtout Lisa, garde en tête l'épisode du réflecteur qui s'écroule sur la mise en scène ^^ ;-)

Gen a dit…

Hum quelle belle tarte!

Gourmandises Chroniques a dit…

Merci Gen !

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