Automne

jeudi 13 octobre 2011

Trilogie safranesque – 2ème opus : Voyage d’exception au pays de l’or rouge et confiture de pêches de vigne safranée de circonstance


Le pays de l’or rouge ! 
Rappelez-vous, je vous y avais déjà entrainé il y a de cela quelques mois.  Je vous embarque à nouveau aujourd’hui pour un merveilleux voyage aux confins du Loir et Cher, poursuivant ainsi notre trilogie afin de filocher ces trois fameux filaments qui nous mèneront au firmament du goût !

C’est en foulant du pied le tapis de crocus fraîchement répandus,  que le sentiment profond d’être accueilli comme un hôte de choix nous empare. L’intuition se confirme lorsque nous nous retrouvons  confortablement installés dans un fauteuil de la demeure familiale, dégustant au coin de l’âtre une décoction maison réalisée avec les herbes du jardin attenant, et  conversant avec joie entre amis de longue date.
Après quelques mots et sourires échangés, l’heure est venue de prendre la route, fin prêts pour découvrir le champ de nos espoirs recélant d’or rouge. Mais pour atteindre le champ promis, un long voyage dans le temps nous attend, à moins que ce ne soit justement hors du temps, je vous laisse seul juge… il nous faudra en effet traverser les terres mongoles en compagnie d’Alexandre le Grand flanqué d’une armée aussi couarde que crédule !
Enfin nous arrivons au champ promis !
Lové entre deux lopins de terre, il ne paye de prime abord pas de mine. Selon son bon vouloir, le crocus choisira le moment opportun pour dévoiler sous nos yeux ébahis un océan pourpre  où l’on voit poindre ici et là, graciles et délicats ses filaments flamboyants, l’or rouge de notre quête ardente !
A ce stade, la cueillette n’attend pas mais se veut délicate. C’est pourtant en toute confiance et dans un élan de partage que Stéphane et Fabrice nous invite à participer avec eux à la délicate opération que constitue le ramassage de ce pistil aussi précieux que fragile une fois la passation du savoir des  gestes techniques accomplie.
Le chemin retour se déroule emprunt d’une liesse unanime avec la certitude commune de posséder au creux de nos paniers le plus précieux des trésors.
Et c’est autour d’un thé safrané que s’opère la plus délicate mais ô combien cruciale étape de l’émondage où chacun doit séparer les filaments de la fleur de crocus sans y toucher cependant au risque d’altérer leur odeur originel, les filaments étant en effet de redoutables capteurs d’odeurs. Et c’est avec la satisfaction du travail bien fait, que chacun s’éclipse laissant nos deux alchimistes du goût refermer délicatement la porte derrière nous,  conservant ainsi farouchement le secret de transformation de cet or rouge qui fait toute leur richesse.

La saison de la cueillette bat son plein, aussi je ne peux que vous encourager à partager avec ses trublions du goût cet événement  qui, grâce à leur passion et à leur enthousiasme, font de la récolte du safran un moment d’exception!


1 route de Vendôme
41270 La Chapelle Vicomtesse
Tel : 02 54 80 52 96


   




Confiture de pêche de vigne au safran inspirée par « la fée des confitures »




Pour une douzaine de pots standards

2,6kg de pêches de vigne, soit 2kg net
1,4kg de sucre cristallisé
30 pistils de safran
Le jus d'un beau citron

Le 1er jour
Plongez les pêches pendant 1 minute dans l'eau bouillante, puis rafraîchissez-les dans l'eau froide. Pelez-les, coupez-les en deux et dénoyautez-les. Puis coupez-les en fines lamelles.
Versez les lamelles de pêche, le sucre, les pistils de safran et le jus de citron dans la bassine à confiture et portez à frémissement en mélangeant de temps en temps.

Versez le tout dans un saladier, couvrez d’un film alimentaire et réservez au frais pendant une nuit.
Cela permet aux fruits de s’imprégner délicatement du sucre.

Le 2ème jour:

Versez la préparation dans la bassine à confiture et portez à ébullition en mélangeant délicatement. Maintenir la cuisson à feu vif pendant 5 à 10 minutes environ en remuant continuellement. Écumez soigneusement.

Vérifiez la consistance de la confiture en faisant le test de l’assiette* ou en plongeant votre thermomètre à sucre dans la préparation.  Lorsque celui-ci indique 105°c cela signifie que le sirop est arrivé à concentration, signe que la confiture est prête.
Pour celles et ceux qui ne tiennent pas aux morceaux dans leur confiture, c’est le moment de  donner quelques tours de batteur plongeant afin d’atténuer les morceaux.
Otez la bassine du feu, mettez aussitôt la confiture en pots et refermez immédiatement les bocaux. Retournez-les jusqu’à complet refroidissement. Puis étiquetez-les le lendemain avant de rejoindre leurs comparses sur les étagères de votre placard.

Pourquoi faire la confiture en deux temps, voir trois ?
Cela permet au fruit de se gorger progressivement du sucre et de préserver sa texture.
Pourquoi écumer, une mousse se forme à la surface sous l’effet de la chaleur, ce sont toutes les impuretés qui remontent. En les ôtant, on prolonge le temps de vie de la confiture en optimisant les conditions de conservation.

*Test de l’assiette : Verser un peu de confiture sur une assiette, passer son doigt au milieu afin de faire un trait, si le trait se referme, prolonger la cuisson, la confiture n’est pas assez prise. Si la marque du trait reste et que la confiture n’a pas bougé, cela signifie que la consistance est bonne, vous pouvez procéder à la mise en pot.

8 commentaires:

Ingrid(Le Jour où) a dit…

J'aime beaucoup le safran dans les desserts, notament dans la crème anglaise!Ta confiture doit être délicieuse!

Mercotte a dit…

cette confiture plus a brioche qui me paraît une tuerie, OMG j'ai faim !

Raids Pâtisseries a dit…

Quelle chance de pouvoir cueillir son safran !

Manue a dit…

Un lieu extraordinaire cette safranière !!
Et sinon j'aime ta persévérance, comme Mercotte, cette brioche et cette confiture au-dessus me donnent faim :o))

Sophie a dit…

quelle patience ! Mais quel résultat ! Les photos font terriblement envie.

gracianne a dit…

Tres jolies photos - heureusement que je viens de manger :)
Bonne fin de semaine.

delphcotecuisine a dit…

tu as su divinement les sublimer tes peches de vignes, miam
bisous tres gourmands
Delphine

Agnès a dit…

je connaissais cette façon de procéder en plusieurs jours pour l'avoir vu chez ma grand-mère...Mais c'était toujours très classique en saveurs, là....safran (j'adore...) avec les fruits ? Bravo !

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