Eté

mercredi 21 avril 2010

Macarons aux pignons d’inspiration St Emilion ou quand les deux rives de la Garonne s’unissent en un mariage gourmand, avec le petit bois pour témoin.




Il suffit parfois d’une simple ballade pour que les souvenirs rejaillissent et vous ressourcent aussi sûrement qu’une revigorante bouffée d’air frais, chargés des mêmes émotions, des mêmes senteurs, de la même insouciance qu’au temps de l’enfance. C’est au détour du « petit bois » que pour moi la magie a opéré lors des vacances pascales avec mes petites têtes pas si blondes, dans la maison de mon enfance…. le petit bois, lové au fond de notre lotissement, fut tour à tour et à la fois, pour la joyeuse bande de marmots que nous formions à l’époque, le repère de nos jeux d’enfants, l’antre de nos bêtises, terrain propice à notre imagination débordante et matière première idéale entre nos petites mains d’artistes, expertes en confection de cabanes à l’architecture hautement fantaisiste. Il fut aussi le témoin de rituels immuables, en particulier quand sonnait l’heure du goûter, lorsque certaines d’entre nous ne manquaient pas de faire fondre leurs sempiternels carrés de chocolat noir sur leur fidèle petit beurre à cheval sur le trottoir. Cette opération nécessitait des connaissances astronomiques pointues afin de déterminer l’endroit le plus stratégiquement ensoleillé pour être à la hauteur du résultat gastronomique escompté. Et même si cela paraissait interminable, il semblait que de cette manière le goûter n’en fut que plus savoureux…D’autres comme moi, préféraient glaner les pommes de pins en quête d’un précieux sésame. C’était sans compter sur les écureuils, redoutables adversaires qui sévissaient dans les parages et dont la concurrence de petite taille n’était pas à négliger. Heureusement, nous étions bien souvent récompensés dans notre quête en tombant sur une pigne encore garnie, commençait alors la délicate opération consistant à extraire le pignon de sa coque, et le goûter se gagnait à grand renfort d’incisives aux coups précis et déterminés. La dégustation était au prix de cet effort !

Aujourd’hui, le bois est certes un peu plus petit avec nos yeux d’adultes, plus déplumé aussi après les différentes tempêtes essuyées ces dernières décennies sur la côte Atlantique. Mais il est toujours là, fébrile mais fidèle, résonnant encore de nos rires d’enfants. Alors, en pénétrant dans son enceinte avec mes enfants, les gestes mille fois répétés ont refait surface aussi sûrement qu’une mélodie mille fois jouée . Et en voyant une pigne, l’irrépressible envie de la ramasser, de la secouer délicatement afin d’en extraire la substantifique graine s’est bien vite imposée.

Mes enfants intrigués par cet étrange rituel, se sont rapprochés, en quête d’éclaircissements.

C’est ainsi que nous nous retrouvâmes, tous trois accroupis autour de la pigne. Et moi de leur expliquer le pourquoi du comment de la pigne et de ses écales, du pignon et de sa coque, et surtout, surtout du comment ces petites graines oblongues avaient tant régalé les goûters de leur maman. C’est ainsi que du haut de leur 4 ans et 2 ans, ils furent, cet après midi là, initié à l’art de la dégustation du pignon. De celui que l’on savoure à même la pigne, au goût incomparable, à la fois sucré et gorgé de soleil mettant en valeur sa délicate saveur résineuse.

...Et vous savez quoi, ils ont adoré !...

A Christelle, Fabienne, Eric, Corinne et Béatrice

A Elouan et à Jonah.


Macarons aux pignons de pin



Précisions préalables :

Au vu de notre maigre butin, il va sans dire que pour la recette qui suit j’ai opté pour la version commercialisée de la dite graine.

Il s’agit là d’une recette originale née de ma gourmandise, grandement influencée par la région qui m’a vue grandir, une variante au célèbre macaron de Saint Emilion transporté de l’autre côté de la Garonne, sur la rive abritant le bord de mer et ses pins sylvestres dans une adaptation toute personnelle.


Pour une trentaine de macarons

75g de poudre d’amande

75g de pignon

175g de sucre glace

2 blancs d’œuf (environ 60g)


Préparation

Mixer finement les pignons de pin.

Les mélanger à la poudre d’amande.

Mettre dans un plat au four, torréfiez le mélange 10 à 12mn à 150°c.

Un fois le mélange refroidi, mettez-le dans le bol de votre robot, rajoutez la moitié du sucre glace avec la moitié des blancs d’œuf. Mélangez.

Puis rajoutez le reste du sucre avec le reste de blanc d’œuf. La pâte doit être moelleuse sans pour autant être collante.

Laissez reposer 30mn.

Faites préchauffer votre four à 150°c.

Mettez la pâte dans votre poche à douille et dressez des macarons de 3 à 4cm de diamètre sur une feuille de papier sulférisé. Disposez les macarons en quinconce en vous aidant d’une empreinte que vous aurez préalablement glissée sous votre feuille de papier sulférisé et que vous ne manquerez pas d’enlever avant de mettre la plaque au four. Ne les rapprochez pas trop afin qu’ils ne collent pas entre eux.

Vous pouvez piquer quelques pignons entiers dans vos macarons en guise de décoration et les saupoudrer de sucre glace.

Laissez cuire 20mn à 150°c, en ouvrant la porte de temps en temps (cela permet aux macarons de rester moelleux à l'intérieur).

Détachez les à la sortie du four. Ces biscuits se conservent parfaitement dans une boîte hermétique, mais c’est encore le jour même que l’on apprécie le mieux leur moelleux !




vendredi 9 avril 2010

Let’z’Ebly ! Salade Printemps/ Eté 2010 ou quand le maki prend le maquis, il me reste toujours la salade…



Quand Dame Papilles, Sieur Dorian et Miss Beau à la Louche s’y mettent de concert pour nous parler du prochain concours Ebly, vous pouvez être sûr qu’il y a chef in ze kitchen ! Et quand le chef se nomme William Ledeuil, et que, de surcroît, la récompense suprême est de pouvoir franchir la sacro sainte porte, pour pénétrer dans le saint des saints, là où tout se passe, où le génie entre en ébullition et où les mains expertes s’agitent... là, mes amis la pression monte d’un cran !



Et, si pour cela, il aurait fallu cuisiner sur le fil, avant la transhumance pascale, essuyer un cuisant échec du côté de l’idée originelle de maki du maquis pour le convertir en une beaucoup plus conventionnelle, mais non moins délicieuse, salade aux légumes du soleil, eh bien je dis osons !


Alors en attendant de devenir, qui sait, Ze boulet in ze kitchen, je vous propose une ballade gourmande in Ze maquis with Ebly "Ze salade aux légumes du soleil", prémices de pique nique radieux...


Ze salade aux légumes du soleil


Ingrédients

1 sachet d'Ebly à poêler à la provençale

2 courgettes

1 aubergine

3 cuillerées à soupe de tomates confites

1 paquet de magret de canard fumé (90g)

1 petite boule de mozarella


Préparation

Préparer l’ebly comme indiqué sur le paquet.

Faîtes préchauffer votre four à 100°c.

Coupez courgettes et aubergine en fines lamelles. Avec un pinceau, les badigeonner légèrement d’huile d’olive recto verso.

Installez vos lamelles de légumes sur la grille du four et enfournez pendant environ 30mn jusqu’à ce que vos légumes soient joliment dorés. Laissez les refroidir. Pendant ce temps, coupez vos tomates confites, ôtez le gras des magrets de canard fumés. Réservez. Coupez votre boule de mozarella en dés et réservez.

Coupez vos légumes grillés en lamelles.

Mélangez le tout, c’est prêt !

A déguster tiède ou froid, c’est selon !





vendredi 2 avril 2010

Gourmandises au pays des merveilles, et le chapeauté au lemon curd pavot, recette sous influences…


Ma vie est une course !

Et même si je cours régulièrement après le temps, force est de reconnaître qu’il y a des semaines où les événements s’accélèrent à un point tel qu’il m'est difficile de suivre le rythme !

Au classique programme fourneaux et marmots s’est greffée ces dernières semaines la donnée : « pinceaux », à laquelle je m’étais engagée auprès de Monsieur Gourmandises. Et dont l’échéance sonnait comme le glas avant le départ pour notre transhumance pascale vers la région bordelaise.

Autant dire que cette semaine a filé telle une étoile dans le ciel de ma vie avec l’étrange sensation de m’être réincarnée en lapin blanc pour l’occasion. Non pas que les fêtes de Pâques me taraudent au point d’être obsédée par tous les lapins en chocolat blanc qui fleurissent ici et là dans les vitrines. Non, mon lapin blanc à moi pencherait plutôt de l’autre côté du miroir, celui qui, sempiternellement en retard, court toujours après le temps entraînant la jeune Alice dans ses folles aventures !

Cœur aux marmots, mains aux pinceaux et tête aux fourneaux, voilà qui résume assez fidèlement ma vie du moment !

Mais côté fourneaux, vous l’aurez compris, je n'ai guère le temps de m’y éterniser ces derniers jours si ce n'est pour faire bouillir la marmite.

Cependant à la maison, la tradition des veilles de grand départ reste immuable, le principal objectif étant l’optimisation des denrées périssables résidant dans le frigo.


A cette fin, il me faut parfois faire preuve d’un peu d’imagination. C’est ainsi que le pot de lemon curd au pavot réalisé ce week-end pour agrémenter la fameux cheesecake de Pauline s’est révélé être un parfait alibi à la confection de succulentes petites mignardises qui nous éviteraient de rester sur notre faim lors de notre prochain périple.

Ces douceurs sont le résultat de mes furetages chroniques de blog en blog qui donnent lieu parfois à de sympathiques trouvailles comme celle-ci.

Alors merci à Pascale (clic) pour sa recette gourmande de lemon curd testée et approuvée par toute la maisonnée, merci à Pauline (clic), spécialiste ès cheesecake, pour l’idée de lemon curd au pavot, et enfin merci à Clea (et reclic) dont le tourbillon maronesque m’a inspiré ceci :


Muffins au lemon curd pavot

Ingrédients pour 14 gros muffins

250g de farine
2 cuillerées à café de levure chimique
80g de sucre roux
1 sachet de sucre vanillé
50g de beurre fondu
1 oeuf
17,5cl de lait
Quelques cuillerées de lemon curd au pavot

Mélanger, dans l’ordre, tous les ingrédients sauf la crème de marrons. Dans des moules à muffins, déposer des petites coques en papier. Verser dedans le mélange jusqu’aux 3/4 des moules. Sur chaque muffin, déposer une cuillerée à café de lemon curd au pavot.
Cuire 15 à 20 mn au four à 180°-200°. Laisser refroidir 5 mn sur une grille avant de démouler


Lemon Curd au pavot


Ingrédients pour un gros pot

Il est préférable d’utiliser des citrons non traités.

1 dl de jus de citron (à peu près 2 citrons)

Le zeste de 2 citrons

150 g de sucre

4 œufs

100 g de beurre


Lavez les citrons.

Prélevez le zeste des 2 citrons avec un zesteur. Si vous n’avez pas de zesteur, utilisez une râpe très fine en faisant attention de ne pas râper la chair blanche.

Pressez les citrons.

Dans un grand bol, mettez le jus de citron, le zeste, le sucre, les 4 œufs et le beurre coupé en petits morceaux.

Préparez un bain-marie en faisant frémir de l’eau dans une casserole.

Posez votre bol sur la casserole d’eau frémissante sans que le fond du bol touche l’eau (l’idéal étant de prendre un bol en verre, de le poser sur la casserole et de tester la hauteur de l’eau avant de remplir le bol).

Fouettez votre mélange jusqu’à ce qu’il épaississe. Cette opération prend à peu près 15 minutes sachant qu’au début vous n’aurez pas besoin de remuer constamment.

En revanche, remuez constamment vers la fin.

Lorsque la sauce a épaissi, versez-la dans un bol ou un pot en verre.

Laissez refroidir, couvrez et mettez au réfrigérateur.


Réflexion gourmande a posteriori : Je sais déjà que la prochaine fois (car prochaine fois il y aura !), je rajouterai des graines de pavot à ma pâte ainsi que du zest de citron râpé afin d’accentuer le goût acidulé des muffins.