Automne

samedi 1 mai 2010

Déclinaisons macaronesques, désinence noix de pécan, pistache et noisette du jardin…

Si avec le recul de quelques décennies, je suis heureuse d’avoir étudié le latin pendant mes années collèges et lycées. Je ne peux pas vraiment dire pour être tout à fait honnête que, dans le vif du sujet, je brûlais d’enthousiasme à l’idée de franchir le pas de la classe.

Si la version, au risque de quelques malheureux contresens, laissait un peu de place à l’intuition et permettait de s’en tirer avec quelque note honorable. Le thème, en revanche, impitoyable d’intransigeance, ne souffrait aucun à peu près et exigeait de ses élèves une connaissance parfaite de ce qui constituait à l’époque la bête noire de mes nuits blanches, j’ai nommé : LES DECLINAISONS !



Elles ont plané telle une ombre maléfique au dessus de ma tête, durant 7 longues années, menaçantes, incompréhensibles et incomprises à tout jamais. Me laissant aujourd’hui avec mes nébuleux souvenirs pour seul bagage.

D’un optimisme à toute épreuve, le prisme de ma mémoire me renvoie cependant d’autres images de cette époque, plus lumineuses celles-là, de ces heures de latin passées sous l’arbre centenaire dont j’ai oublié l’essence, qui, lui aussi, frémissait de plaisir en découvrant Virgile nous chanter Enée et son incroyable épopée.

Mon héritage latiniste se résume aujourd’hui, maigre pitance, au plaisir de décortiquer les mots jusqu’à leur racine, pour en tirer leur substantifique sens.

En matière de déclinaisons, point de rancune cependant, car désormais tout se passe côté cuisine et étrangement, je suis bien plus sensible à ces désinences gourmandes ! Là mon imagination s’envole, ma mémoire devient infaillible, ne devant composer qu’avec la logique implacable du bon goût. Et c’est par cœur que je suis capable de vous citer les terminaisons en bouche et vous réciter les accords parfaits La version devient alors un jeu d’enfant, de celle que l’on décline à différents parfums, avec des thématiques inspirées et inspirantes.

En la matière je peux dire que je connais enfin mes déclinaisons sur le bout des doigts !

Une seule règle en revanche : Jamais de neutre dans ces déclinaisons à l’infini !

Si seulement les déclinaisons latines m’avaient été contées de la sorte, je crois bien que j’aurais excellé en la matière …

Nominatif : le macaron n’est pas péché de gourmandise !

Vocatif : Macaron ! Ô macaron ! Tu me fais tourner la tête !

Accusatif : J’aime le macaron pour sa texture craquante et fondante à la fois.

Génitif : j’aime la texture craquante et fondante du macaron

Datif : Je rêve de macarons craquants et fondants à la fois

Ablatif : En matière de macarons, ma gourmandise me perdra !



Alors, Mesdames et Messieurs les professeurs de latin, un peu d’imagination pour l’avenir de mes têtes blondes, rassurez-vous, il vous reste encore quelques années pour cogiter…




...En attendant de trouver l’inspiration :


La ronde des macarons pistache, noix de pécan et noisettes du jardin

Lorsque j’ai réalisé mes macarons aux pignons de pin dont la recette est indiquée dans mon précédent message, j’ai eu envie de partir sur les mêmes bases sans avoir à utiliser de poudre d’amande.

Mais lorsque j’ai procédé au mélange de ceux-ci, sans la poudre d’amande, force fut d’admettre que la texture moelleuse mais pas collante n’était pas au rendez-vous, c’était même un tantinet « liquide ». Je pense que l’explication tient dans le taux d’humidité des graines utilisées, en effet mes macarons aux pignons étaient composée de 50% de poudre d’amande, achetée en l’état, poudre qui a eu le temps de sécher avant son utilisation. En revanche, pistaches, noix de pécan et noisettes ont été mixées le jour même et les quelques minutes de torréfaction n’ont sûrement pas été suffisantes pour les assécher au point de les utiliser pures dans la préparation. Si quelqu’un aurait une autre explication et surtout une solution à m’apporter, je suis preneuse !

Voilà pourquoi, j’ai dû intégrer à ma préparation de la poudre d’amande que je voulais éviter au départ… Cela dit on ne la sent pas, néanmoins, je serais curieuse de connaître la saveur que le macaron pourrait avoir sans…


Pour une quinzaine de macarons

75g de poudre de pistache ou de poudre noix de pécan ou de poudre de noisette (ou les trois, comme moi !)

50g de poudre d’amande

90g de sucre glace

1 blanc d’œuf (environ 30g)


Préparation

Mixer finement les pistaches/ noix de pécan ou noisette..

Les mélanger à la poudre d’amande.

Mettre dans un plat au four, torréfiez le mélange 10 à 12mn à 150°c.

Un fois le mélange refroidi, mettez-le dans le bol de votre robot, rajoutez la moitié du sucre glace avec la moitié des blancs d’œuf. Mélangez.

Puis rajoutez le reste du sucre avec le reste de blanc d’œuf. La pâte doit être moelleuse sans pour autant être collante.

Laissez reposer 30mn.

Faites préchauffer votre four à 150°c.

Mettez la pâte dans votre poche à douille et dressez des macarons de 3 à 4cm de diamètre sur une feuille de papier sulférisé. Disposez les macarons en quinconce en vous aidant d’une empreinte que vous aurez préalablement glissée sous votre feuille de papier sulférisé et que vous ne manquerez pas d’enlever avant de mettre la plaque au four. Ne les rapprochez pas trop afin qu’ils ne collent pas entre eux.

Vous pouvez piquer quelques pignons entiers dans vos macarons en guise de décoration et les saupoudrer de sucre glace.

Laissez cuire 20mn à 150°c, en ouvrant la porte de temps en temps (cela permet aux macarons de rester moelleux à l'intérieur).

Détachez les à la sortie du four. Ces biscuits se conservent parfaitement dans une boîte hermétique, mais c’est encore le jour même que l’on apprécie le mieux leur moelleux !


13 commentaires:

clquipopotte a dit…

ça c'est du macarons !!!
Tes photos sont superbes , gourmandes ...
CLquipopotte♥♥♥

Rosa's Yummy Yums a dit…

Je t'en piquerais bien un ou deux de chaque! Vraiment magnifiques!

Bises,

Rosa

une cuillère pour les délices a dit…

Miamm tes biscuits sont superbes! =)
Je ne sais lequel choisir alors je te prend un de chaque! ;)
Bisous & Bon dimanche

Gourmandises Chroniques a dit…

Miss qui Popotte, Dame Rosa et Miss délices : Merci à vous trois et si vous faîtes un détour par ma campagne, vous êtes les bienvenues, il m'en reste quelques uns :-)

mir a dit…

RHHHHHHHHHHHHHHA ils ont l'air boooooooooooooooon ! Heureuse de découvrir ton univers ! ;-)

l'Amoureuse des desserts a dit…

J'ai un faible pour la "pacane" comme on dit ici!
C'est si bon la noix de Pécan.

Alazais a dit…

Je suis rassurée de voir que je ne suis aps la seule à avoir boudé le thème et à avoir oublié dès la fin des études les déclinaisons! tu sembles quand même avoir de meilleurs restes que moi!

Cette déclinaison gourmande, me plait beaucoup par contre. Et les photos que tu en as faites la mette très bien en valuer!
Bises

Anne a dit…

On aimerait croquer, là, tout de suite, avec un thé bien chaud (de circonstance)...

Gourmandises Chroniques a dit…

@Mir : Bienvenue et merci :-)
@L'amoureuse des desserts : je confirme la "pacane était pas mal" mais la pistache était à tomber, quant aux pignons de mon précédent message, je crois qu'ils remportent mes faveurs :-)
@Alazais : Bienvenue au club des "galériennes du latin" (et non ce n'est pas un bateau!
@Anne : Comme tu dis, un bon thé chaud est plus que jamais de circonstance ! pourvu que ça s'arrête vite, on s'était habitué à un temps plus clément !

Cécile a dit…

Ton texte est superbe. Ça me fait beaucoup penser à mon étude de l'allemand. j'ai étudié cette langue pendant 11 ans parce que la culture me passionnait (et me passionne toujours) mais les déclinaisons...Même au bout de la onzième année, j'étais obligée de réapprendre les tableaux de base tellement ça ne voulait pas rentrer! Mais je garde des souvenirs des chouettes films que j'ai découverts en faisant des recherches pour m'améliorer. Je me suis passionnée pour le cinéma expressionniste mais aussi certains écrivains. Et c'est à peu près tout ce qu'il m'en reste... Tes photos sont superbes encore une fois. Et quelle présentation! Merci pour ce magnifique post!

Emi a dit…

Purée ils sont superbes!! Et tes photos les mettent bien en valeur!

Tiuscha - Saveur Passion a dit…

Tu poursuis joliment sur ta lancée, ils ont l'air extra !

Hélène (Cannes) a dit…

Quel billet ! Dans lequel je me reconnais parfaitement, en plus ! Thème et version ... je leur préfère aussi thèmes et versions en cuisine, maintenant ... Cela étant et sans rire, la "maigre pitance" qui reste après des années de latin est un joli bagage que je ne regrette pas d'avoir avec moi aujourd'hui ... Mes enfants ont fait ou font encore du latin ... ça leur servira toujours ... même si pour l'instant, ils n'en ont pas encore vraiment bien la sensation ! ;o))
Bravo pour ces macarons !
Bises
Hélène

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