Automne

mardi 2 février 2010

Pourquoi mange-t-on des crêpes à la chandeleur, ou les origines de la chandeleur.

Je suis gourmande, mais je suis aussi curieuse. Eh oui, je sais, je cumule… les défauts pour les uns et les qualités pour les autres, à vous de voir ! Voilà pourquoi je n’ai pas pu m’empêcher d’aller fureter sur le net pour connaître les origines de cette fête. Je n’ai pas été déçue, les 5 minutes que je souhaitais y passer, se sont transformées en heures. Alors le mieux, c’est encore de vous faire profiter des fruits de ma recherche. J’ai essayé de synthétiser mais croyez-moi, ça n’a pas été simple, la preuve…

Dans la tradition chrétienne, la chandeleur commémore à la fois, la présentation de l’enfant Jésus au Temple de Jérusalem ainsi que la purification de sa mère, la vierge Marie, comme le voulait la tradition hébraïque de l’époque. Elle a lieu 40 jours après Noël (jour de la naissance de Jésus, selon la tradition chrétienne), soit aux environs du 2 février, date officiellement retenue pour la célébration de cette fête. Etymologiquement, son nom vient du latin : « Festa candelarum » ou « Fête des chandelles ». La coutume voulant qu’on allume des cierges au milieu de la nuit en symbole de purification, de prospérité et de fécondité.
Et comme toutes les fêtes religieuses, celle-ci tire son origine d’une fête païenne plus ancienne, la fête romaine des Lupercales, célébrée à cette période de l’année (du 13 au 15 février), en l’honneur de Faunus, le Dieu de la fécondité et des troupeaux qui les protégeait des loups, d’où le nom de Lupercus (« Lupus » signifiant loup en latin) qu’on lui attribue aussi souvent. Faunus est souvent associé au Dieu arcadien Pan, lui aussi protecteur des troupeaux dans la mythologie grecque (Voilà pourquoi, on peut lire parfois que la chandeleur a pour origine une fête païenne célébrant le Dieu Pan…)
La fête païenne des Lupercales a été célébrée jusqu’au Ve siècle, jusqu’à un beau jour de 496, date à laquelle la pape de l’époque, Gélase Ier, l’a tout bonnement interdite et lui a substituée celle de la chandeleur. En effet, l’un des meilleurs moyens de l’époque pour christianiser les païens était encore de christianiser leurs rites…
La chandeleur, ménageant ainsi la chèvre et le chou, pouvait être célébrée par tous. Elle consistait à l’époque en une procession avec des chandelles allumées que l’on bénissait dans les églises. Elles symbolisaient la lumière et la vie, éloignant le malin, la mort et les orages, protégeant les semailles de l’hiver et garantissant ainsi les moissons fructueuses de l’été à venir. On se servait alors de la farine excédentaire de l’année qui venait de se terminer, symbole de prospérité pour l’année à venir, pour faire des crêpes !!! Le pape Gélase Ier, encore lui, distribuait cette pâte à base de farine aux pèlerins de passage à Rome pour l’occasion.
Voilà donc le pourquoi du comment des crêpes pour la chandeleur, la boucle est bouclée !


A ce stade de mon billet, je me dit que j’ai dû perdre pas mal de lecteurs en cours de route, mais ce n’est pas grave, je continue au moins pour les plus curieux ou les plus courageux…

En effet, il existe aussi tout une symbolique autour de la crêpe :
Par sa forme ronde et sa couleur dorée, elle rappelle le soleil (et donc la lumière), et célèbre l’arrivée prochaine du printemps, fini les jours froids et sombres de l’hiver !
Il était de rigueur de conserver dans une armoire la première crêpe confectionnée avec la farine excédentaire de l’année passée, pour s’assurer la prospérité des récoltes à venir …
Et pour s’assurer la prospérité financière cette fois-ci, rien de tel que de faire sauter la 1ère crêpe de la main droite en tenant un louis d’or dans la gauche (rassurez-vous un euro fera aussi l’affaire, il faut savoir vivre avec son temps !).
…Ainsi, je comprends mieux pourquoi ma grand-mère gardait en haut de son armoire de cuisine la 1ère crêpe réalisée le jour de la chandeleur, dans laquelle elle y glissait une petite pièce, sûrement pour s’assurer la prospérité financière…. sacrée mamie elle avait décidément l’art et la manière de cumuler les traditions, pour mettre toutes les chances de son côté !
Voilà, j’en ai terminé avec la chandeleur, mais il est l’heure d’aller chercher mon fils à l’école, ne me reste plus qu’à lui expliquer tout ça. Mon petit doigt me dit que je vais simplifier la chose!

Pour celles et ceux qui ont été au bout de ce billet, le meilleur moyen de vous remercier est encore de vous offrir le suivant… Bon appétit !

4 commentaires:

canelé a dit…

Chez nous la tradition se perpétue, celui de la pièce car on a abandonné la crêpe dans le placard toute l'année.... bonne chandeleur canelé

Gourmandises Chroniques a dit…

je viens de faire sauter les crêpes avec mes enfants, chacun armé d'une pièce et nous avons gardé la 1ère pour la conserver... Je me dis que finalement, les traditions ont du bon surtout celles qui se terminent dans nos assiettes :-)
Bonne chandeleur à toi aussi :-)
Ps : A part la gourmandise qui nous réunit, nous avons aussi en commun d'être 2 bordelaises expatriées !

canelé a dit…

NOus avons habité à côté d'orléans en plus, si j'ai bien compris tu t'es installé à vendôme et nous avons été aussi des parisiens ..... :)))

Gourmandises Chroniques a dit…

Avec tous ses rendez-vous manqués, il fallait bien que l'on finisse par se rencontrer, c'est un plaisir :-)

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